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Résultats 2011 : DCNS fait un carton... |
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2011 a été marquée par la livraison à la Marine nationale du sous-marin nucléaire lanceur d’engins « Le Terrible », construit à Cherbourg et en essais depuis 2009. © Ouest-France
Son activité augmente de 5 % et ses bénéfices sont en forte hausse. Le constructeur naval compte 300 salariés supplémentaires.
Avec un chiffre d’affaires de 2,6 milliards d’euros, l’activité du constructeur naval DCNS est en hausse de 5 % pour la deuxième année consécutive. Mieux, son résultat opérationnel courant (bénéfice hors opérations exceptionnelles) est de 186 millions d’euros, en hausse de 13 % ! Thales, actionnaire à 35 % de DCNS, avait même communiqué sur un résultat net (bénéfice réel, à partager entre les actionnaires et les provisions de l’entreprise) de 198 millions d’euros, en hausse de 43 % !
DCNS est le 22e groupe mondial de vente d’armement. C’est le troisième Français derrière Safran et Thales. Ses bons résultats ne sont pas un cas isolé. Les exportations d’armes françaises (6,5 milliards d’euros) ont augmenté de 27 % en 2011 (mais elles avaient baissé de 37 % en 2010).
« DCNS conforte sa stratégie de croissance présentée il y a deux ans dans Championship », précise Emmanuel Gaudez, porte-parole du groupe. À l’époque, DCNS tablait sur un doublement du chiffre d’affaires d’ici 2020. Ceci en développant, outre les contrats avec la Marine nationale, les ventes exports de naval militaire et le secteur de l’énergie (nucléaire et énergies marines).
DCNS a déjà décroché quelques contrats dans le nucléaire civil. Mais l’énergie pèse encore très peu sur les chiffres. La Marine nationale représente deux tiers de l’activité. L’autre tiers est lié à l’international.
Parmi les événements marquants de 2011 : la livraison du BPC Dixmude (conception DCNS, réalisation STX Saint-Nazaire), celle du sous-marin nucléaire lanceur d’engins Terrible par Cherbourg, la réalisation et les essais de la frégate multimissions (Fremm) Aquitaine par Lorient. À Brest, l’adaptation des SNLE au missile M51 emploie des centaines de salariés.
300 salariés de plus
Côté international, plusieurs programmes sont bien avancés. La construction de sous-marins Scorpène en Inde, le pilotage de la construction d’une base navale au Brésil, plus la réalisation de quatre Scorpène et l’assistance à réalisation d’un sous-marin à propulsion nucléaire. À Cherbourg, un premier sous-marin de ce type est en cours. Pour le Maroc enfin, DCNS Lorient s’active sur la Fremm Mohammed VI.
2011 a aussi été l’année de grosses commandes, comme les deux BPC pour la Russie, un troisième Barracuda (sous-marin nucléaire d’attaque) pour la Marine nationale ou encore l’étude d’une centrale thermique pour Saint-Pierre-et-Miquelon.
Pas de commande en revanche pour le navire de surveillance Gowind. L’Adroit est mis à disposition de la Marine nationale en espérant faire des envieux. La Malaisie semble être la première intéressée.
DCNS compte 300 nouveaux salariés. En deux ans, l’effectif, aujourd’hui de 12 800 personnes (dont 2 900 à Brest), est monté de 6,6 %.
Et d’une manière générale, les perspectives restent bonnes. « Nous avons cinq années de chiffre d’affaires devant nous », reconnaît Emmanuel Gaudez.
Sébastien PANOU.